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Un système d’objets

Les ornementa sont inséparables de l’idée d’ordre et de convenance (c’est-à-dire de l’adéquation à une fonction) comme en témoigne l’étymologie grecque kosmos désignant comme on l’a vu l’ordre du monde, mais aussi la parure et l’équipement du guerrier. Cette importance de l’ordre et de la mise en ordre inhérente à l’ornement nous rappelle que les ornamenta ne peuvent être envisagés isolément. Au contraire, c’est dans les dynamiques d’ensemble et leurs relations qu’il importe de les comprendre : les ornamenta s’associent pour former un ensemble ordonné et hiérarchisé d’objets, un véritable « système » au sein duquel chaque pièce ne fait sens que par rapport à une autre, et ce à la fois sur un registre formel et un registre liturgique.

L’unité des ensembles liturgiques

Les objets du culte affectés à la desserte d’un autel ou d’une chapelle et servant à la célébration de la messe (croix, chandeliers, calice, burettes, bassin, vêtements, etc.) sont considérés comme un ensemble qui peut se transmettre de personne à personne, d’évêque à évêque. Ils reçoivent le nom de chapelle.

Aujourd’hui dispersés dans les sacristies ou les musées, la plupart de ces objets du culte faisaient jadis partie d’ensemble dont l’unité était assurée par les matériaux et l’ornementation. Il en est ainsi des textiles, dont les ensembles sont constitués de pièces de même tissu, de même parure et de même couleur. Ces ensembles étaient désignés par le terme ornement. Un ornement comprend : une chasuble, un manipule, une étole, un voile de calice, une bourse de corporal et parfois, dans les églises plus riches ou les cathédrales, une (ou plusieurs) chape, deux dalmatiques, un voile huméral, un parement d’autel, etc. Selon les normes, chaque église doit posséder un ornement dans les différentes couleurs du temps liturgique. Ces ensembles assuraient une unité visuelle entre les différents ornements liturgiques, depuis la chasuble du prêtre jusqu’à l’antependium (textile recouvrant le devant de l’autel) ou au voile de calice (voile recouvrant le calice, situé au plus près de la matière sainte). Cette unité contribuait ainsi à assurer le lien visuel entre le corps du prêtre, transformé par la chasuble, et l’eucharistie.