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L’ostensoir

L’ostensoir (ostendere = montrer), ou monstrance eucharistique, est le réceptacle de l’hostie consacrée (appelée aussi Saint-Sacrement, Sainte Eucharistie, Corpus Christi) en vue de l’adoration des fidèles et de la procession eucharistique. Il se présente comme une monture sur pied au centre de laquelle un cylindre vitré permet de voir l’hostie posée sur une lunule (ou croissant eucharistique) en or ou en argent doré.

Une réponse à la nouvelle nécessité de « voir pour croire » à la fin du Moyen Age

Cet objet du culte est relativement récent. Son usage remonte au XIIIe siècle et répond à cette nouvelle religiosité centrée sur l’humanité du Christ, qui se traduit par le besoin des fidèles de voir et d’honorer son corps présent dans l’hostie. Il est l’objet indispensable à la Fête Dieu (ou fête du Saint-Sacrement) et ses rituels de dévotion (procession et adoration). Développée d’abord dans l’ancien diocèse de Liège et instaurée par l’Église Chrétienne à partir de 1264 par le pape Urbain IV, la Fête Dieu répond au besoin d’extérioriser, parfois de façon très ostentatoire, la dévotion des fidèles envers le Corpus Christi

Ce nouvel objet n’acquiert pas immédiatement des caractéristiques typologiques propres. Il s’agit dans un premier temps d’objets liturgiques détournés ou transformés qui permettent de rendre visible l’hostie consacrée dans son réceptacle, comme des pyxides ajourées qui se développent au 13e siècle. L’objet peut aussi prendre la forme d’un reliquaire ajouré, transformant en quelque sorte l’hostie comme la plus sainte des « reliques ».

L’ostensoir-tourelle : une demeure pour le corps du Christ

Les premières monstrances en forme de tour surmontée d’une croix sont de véritables micro-architectures, évocations en miniature de la maison de Dieu (c’est-à-dire de l’Église), de la Jérusalem Céleste, ou encore de l’édicule circulaire qui marque le tombeau du Christ à Jérusalem. Le corps de Jésus transsubstantié siège ainsi en sa demeure. Ces « monstrances-tourelles » adoptent les caractéristiques stylistiques de l’époque de leur création : pinacles, gâbles « gothiques » jusqu’au milieu du 16e siècle, colonnes avec ailerons, propres à l’esthétique de la Renaissance ensuite. Elles finissent par adopter la silhouette des retables baroques avec des anges en adoration devant l’hostie à partir du XVIIe siècle.

L’ostensoir-soleil : expression glorieuse de la Contre-Réforme

Avec le développement de la dévotion au Saint-Sacrement et l’affirmation du dogme de la transsubstantiation, le « porte-Dieu » devient monumental à la fin du XVIe siècle. C’est alors que se développe le type de « l’ostensoir-soleil », qui est prédominant aux 17e et 18e siècles. Avec des rayons lumineux émanant de la lunule eucharistique, il prend la forme d’une gloire, adorée par des anges, et devient l’expression d’une conception du Christ glorieux et irradiant sa puissance, incarnée dans l’hostie. De nouveaux rituels eucharistiques font alors leur apparition, comme le service des « Quarante Heures », le salut du Saint-Sacrement, ou encore l’adoration perpétuelle.