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L’espace du rituel : la mise en scène du sacré

Tous les rites se déploient sur un territoire défini et balisé, comportant ses mises en scènes et ses parcours, ses lieux centraux ou périphériques, ses transitions, ses clôtures, ses seuils ou ses passages. L’espace liturgique se dilate aussi de manière différente en fonction du temps liturgique ou du degré de solennité de la célébration.

Une géographie du sacré dont l’autel constitue le « chœur »

Au sein de la promotion du culte eucharistique qui fut centrale tant dans la réforme grégorienne du XIIIe siècle que dans la réforme catholique post-tridentine, la vue est une composante essentielle du culte. Dans l’une et l’autre de ces réformes, la participation des fidèles est en effet un point déterminant des débats doctrinaux : il s’agit de mettre en scène le mystère invisible de la présence réelle. Une scénographie du sacré, qui se focalise sur l’autel, se met en place. Au « chœur » de l’espace ecclésial, l’autel concentre l’essentiel des actions et des regards, et avec le tabernacle, qui contient la matière sainte, il constitue le pôle le plus sacré de l’église.

Cette scénographie trouve des expressions assez différentes dans chacune de ces réformes. Plus que la liturgie elle-même et ses principaux dogmes, qui restent stables jusqu’au XXe siècle, c’est donc sa mise en scène qui se transforme au cours de l’histoire.

En fonction de leur position dans le lieu ecclésial, les ornamenta et le mobilier liturgique agissent comme des marqueurs visuels des seuils de sacralité, d’abord dans un sens horizontal puisque l’accès au tabernacle et à l’autel ne se fait depuis l’extérieur de l’édifice que par une succession de portes, de barrières, de cadres, de voiles ou de contenants qui fonctionnent tout autant comme des clôtures que comme des seuils ou des passages ; mais aussi dans un sens vertical puisque l’usage de dais et de tentures marque symboliquement la communication avec le ciel.