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Les luminaires et chandeliers

Dans l’espace liturgique, la lumière occupe un rôle important. Qu’elle soit naturelle ou artificielle, elle contribue à générer une ambiance, à marquer les temps liturgiques et à mettre l’emphase sur les lieux du culte. La lumière est à la fois Dieu et la manifestation de Dieu selon la théologie de la lumière popularisée au XIIIe siècle. Si la lumière naturelle peut entrer dans l’édifice religieux par les fenêtres, parées à certaines époques de de vitraux chatoyants, la lumière artificielle doit être produite par des cierges placés sur un support.

Eclairer l’édifice était coûteux. Les comptabilités des églises médiévales font la part belle à l’achat des cierges qui éclaireront l’édifice ou qui assureront l’expression de la présence divine dans le sanctuaire. Une institution, le « luminaire », était parfois associée à la fabrique de l’église pour assurer à elle seule le financement et l’achat des cierges.

Les luminaires étaient aussi des objets mobiles. Ainsi, les acolytes et les diacres portent un cierge monté sur un chandelier ou une torchère, à l’entrée du célébrant et à la sortie de celui-ci, ou encore lors de processions.

Les chandeliers d’autel

L’édifice est éclairé par différents dispositifs comme des portes-torches ou des bras de lumière installés sur les piliers ou les murs.

Les autels sont, quant à eux, pourvus de chandeliers sur pied. Depuis le XIe siècle au moins, on les trouve placés de part et d’autre de la croix d’autel, au nombre de deux ou plus. L’obligation de munir l’autel de chandelier est rappelée à de nombreuses reprises dans les documents prescriptifs, et plus particulièrement après le Concile de Trente. Les cierges sont allumés au début de la cérémonie et éteints à la fin de celle-ci.

Le chandelier d’autel est souvent réalisé en laiton doré ou en argent. Il est composé d’un pied – parfois muni de pattes pour le surélever – , d’une tige ornée d’un ou plusieurs pommeaux, d’une bobèche, et d’un mode de fixation du cierge, la « verge », c’est-à-dire d’une pointe, ou d’une binet, un réceptacle cylindrique. L’évolution la plus notable dans l’aspect du chandelier d’autel est le décor appliqué au pied ainsi que la taille de l’objet. Jusqu’à la fin du Moyen Âge, celui-ci est plutôt petit, érigé sur un pied muni de décors abondants – essentiellement zoomorphes ou anthropomorphes. A partir du XVe siècle, la taille moyenne des chandeliers augmente mais le décor du pied tend à disparaître. Après le concile de Trente, la taille des chandeliers continue de croître, certains exemplaires atteignant un mètre de haut. Le pied est orné de motifs décoratifs ou de têtes d’anges.   

Marqueur d’un temps liturgique : le chandelier pascal

Dans le chœur, un autre luminaire est placé à la Vigile de Pâques – la nuit précédant Pâques –  jusqu’à la Pentecôte. Un chandelier de grandes dimensions – entre un mètre cinquante jusqu’à plus de deux mètres – reçoit le cierge pascal, symbole de la Résurrection du Christ. Un lutrin y est parfois associé, voire même des groupes sculptés représentant un Calvaire – comme sur le gigantesque chandelier de Léau – plus de 6 mètres de haut. Certains exemplaires présentent trois bougeoirs rappelant les premiers témoins de la Résurrection : les trois femmes découvrant le tombeau du Christ ouvert.

La veilleuse du saint Sacrement

La veilleuse du Saint Sacrement désigne une lampe à huile placée devant le tabernacle dont la flamme est entretenue jour et nuit pour signaler la présence du Saint Sacrement. La pratique d’entretenir une lumière permanente est très ancienne. Une « lampe éternelle » brûlait ainsi dans le temple de Jérusalem. Dans le christianisme, il n’était pas inhabituel de maintenir une lumière devant des statues de saints, devant des reliques insignes, ou encore, dès le 11e siècle, devant la réserve eucharistique. Il faut cependant attendre le Concile de Trente pour que soit imposé l’usage d’une veilleuse devant le tabernacle.

La veilleuse du Saint Sacrement, en argent, laiton ou verre, est composée d’un récipient renflé suspendu par des chaînettes à la voûte de l’église. De grandes anses la décorent parfois.