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Les gestes millimétrés de l’officiant

Cette littérature détermine l’adoption de postures et d’une gestuelle complexe et extrêmement précise que le prêtre doit accomplir lors de la prononciation de certaines paroles et en présence de certains objets, tels les images, les croix, le tabernacle, le calice, l’ostensoir, les reliques, etc. Ces différents objets supposent en effet des marques différentiées d’honneur et de respect en fonction de leur hiérarchie : inclinaison de tête, génuflexion, baisement, mouvement des yeux vers le ciel, etc.

Par exemple, dans la Pratique des ceremonies de la Sainte Messe selon l’usage Romain de Louys Molin, on peut ainsi lire au sujet des actions à suivre lors du moment eucharistique, après l’offertoire :

« 3. L’Offertoire finie, il découvre le calice, plie le voile et le met proche des secretes du côté de l’épitre ou derrière le calice, s’il se peut commodément, et toujours hors du corporal. Il peut, si bon lui semble, laisser plier le voile à celui qui sert, pourvu qu’il soit clerc, pour le mettre sur l’autel proche des secretes au côté de l’épitre. […]

4. Il prend le calice avec la main droite au nœud, et le met vers le côté de l’épitre hors du corporal, tenant la gauche sur l’autel.

5. De la main droite il ôte la palle, et la met entre le calice et le corporal, un peu élevé sur le bord du voile, afin qu’elle soit plus aisée à prendre quand il faudra.

6. Il prend la patène et l’hostie dessus, de la main droite, et l’ayant porté devant sa poitrine, il la prend avec la gauche, et la tenant ainsi élevée jusqu’à la hauteur de la poitrine, et environnée de tous les doigts des deux mains, les yeux élevés et dès aussitôt abaissés, il dit Suscipe Sancte Pater etc.

7. S’il y a des hosties à consacrer pour communier le peuple, il faut les mettre sur le corporal, ou dans quelque cas, qu’il découvrira durant l’oblation, et couvrira après icelle, et non sur la patène ; sans qu’il soit nécessaire de les élever à l’oblation, ayant pourtant l’intention de les offrir, disant une seule fois Suscipe Sancte Pater etc.

8. Lequel fini, tenant toujours la patène élevée avec les deux mains, il fait le signe de la croix sur le corporal, et laisse l’hostie vers le milieu du devant du corporal, sur la pierre sacrée, et la patène un peu dessous le corporal du côté droit.

9. Les mains jointes, il fait une inclination de tête à la croix, il va au côté de l’épitre, et prend le calice avec la main gauche par le nœud, et de la droite le nettoie avec le purificatoire, qu’il met sur la patène. Comme nous dirons ci-après.

10. Il prend de la main droite la burette du vin des mains de celui qui le sert, et met du vin dans le calice, qu’il tient appuyé sur l’autel et non hors d’icelui, et l’approche autant qu’il peut des burettes, afin qu’il ne tombe du vin sur la nappe d’autel.

11. Il fait le signe de la croix sur la burette de l’eau, en disant, Deus qui humanae sul stantiae etc. Il prend la burette, et met tant soit peu d’eau dans le Calice, et poursuit, Da nobis per hujus aquae & vini etc.

12. S’il y a quelques goutes séparées, il les unit en tournant le vin, qui est dans le calice, d’un côté et d’autre, ou les essuye avec le purificatoire, qu’il remet après sur ladite patène, et laisse le calice sur l’autel au même côté de l’épitre.

13. Étant au milieu de l’autel, il fait une inclination, et mettant la main gauche sur l’autel, hors du corporalier, il prend le calice de la main droite par le nœud, et de la gauche par le pied, l’élève en sorte que la couppe ne soit pas plus haute que les yeux, ni plus basse que la bouche, tenant les yeux élevés, qu’il n’abaisse point que l’oraison Offerimus tibi Domine, ne soit finie.

14. L’oraison finie, il fait le signe de la croix avec le calice, tenu des deux mains élevé sur le corporal, et le met au milieu d’icelui derrière l’hostie, et le couvre de la palle. »