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La mise en scène des images : arcades, niches, médaillons et cartouches

Depuis la fin du Moyen Age, la mise en scène des images brodées sur les orfrois est relativement stable. Un environnement architecturé assure généralement la délimitation d’un espace en profondeur où prennent place les figures. L’espace est cantonné de colonnettes et surmonté d’un gable ou d’un fronton. Derrière cette arcade qui joue le rôle d’un cadre ou d’un seuil permettant d’entrer dans l’image, la profondeur est suggérée par le dallage et/ou par le système de couverture du plafond (une voute à pendentif le plus souvent). Parfois, l’arcade ouvre sur un paysage ou se referme par l’arrière pour prendre alors la forme d’une niche.

Le souffle antique qui se propage de manière grandissante à partir de la seconde moitié du XVIe siècle dans les anciens Pays-Bas méridionaux, tend à favoriser l’usage de médaillons circulaires disposés en enfilade sur les orfrois, séparés par une ornementation faisant la part belle aux arabesques et autres motifs végétaux : les scènes se présentent alors comme des tondi ou médaillons disposés à intervalles réguliers sur les bandes d’orfroi ou bien en position centrée. Adoptant tantôt une modénature à l’antique, tantôt les formes enroulées des cuirs, ou les formes charnues et molles de l’auriculaire, l’aspect de ces cadres varie en suivant l’évolution du goût.

Il ne faut pas oublier non plus que la forme des orfrois autorise le développement privilégié de certaines scènes. Ainsi, la  croix dorsale de la chasuble rappelle formellement la crucifixion qui vient fréquemment s’y nicher ; la forme circulaire du chaperon de chape permet le développement d’une scène biblique ; tandis que les clavi des dalmatiques, bandes d’orfrois étroites et longues, favorisent une succession verticale d’images de saints dans des niches ou médaillons. Sur les chasubles présentant un orfroi en fourche (ou en forme de Y) – type assez fréquent dans les Pays-Bas septentrionaux – la scène se déploie largement en un seul compartiment sur les deux bras de la croix, autorisant ainsi la figuration d’un nombre important de personnages.