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Ciboire, pyxide et sainte réserve

La conservation des hosties consacrées a fait l’objet de nombreuses évolutions et développements au cours du Moyen Âge et des Temps modernes. Le vase sacré qui contient les saintes espèces, ainsi que le lieu de conservation de cette réserve eucharistique ont varié au fil du temps.

Le ciboire 

Le ciboire, une sorte de calice muni d’un couvercle surmonté d’une croix, est le réceptacle utilisé pour la conservation des hosties consacrées et pour leur distribution dans l’assemblée (ciborium = dais abritant l’autel). Placé au contact de la matière sainte, il doit être réalisé en matériaux précieux.

Il s’agit d’un objet qui apparaît tardivement dans l’histoire des ornements liturgiques. Il trouve son origine dans les pyxides, boîtes servant depuis les premiers temps du christianisme à transporter l’eucharistie pour la porter aux malades. En ivoire ou en métal, ces boîtes de forme cylindrique avec couvercle sont souvent décorées, à l’époque romane, d’émaux chatoyants. Certaines pyxides munies d’un pied constituent des formules intermédiaires anticipant la forme des ciboires ou des ostensoirs.

Dans le contexte de la Contre-Réforme et de la valorisation du dogme de l’Eucharistie, les ciboires deviennent de plus en plus nombreux et acquièrent parfois des proportions et un décor imposants, expression d’une église victorieuse et puissante.

Du sacrarium au tabernacle : cacher ou exhiber la présence de l’Eucharistie 

Les lieux et les modes de conservation de la Sainte Eucharistie sont diversifiés car ils répondent aux évolutions des besoins liturgiques et dépendent des moyens des paroisses.

Dans un premier temps, les pyxides sont conservées dans une petite construction placée contre le chœur de l’église, le sacrarium, ancêtre de la sacristie. Plus tard, la réserve eucharistique intègre directement le chœur. L’usage des tabernacles muraux avec porte ajourée – armarium – se développe, parallèlement à la vogue des tourelles eucharistiques monumentales. Cette pratique perdure du XVe au XVIIe siècle. 

Avant le Concile de Trente, la matière sainte est donc rarement conservée sur l’autel, sauf par le biais de suspenses eucharistiques, des réceptacles sacrés suspendus à une crosse au-dessus de l’autel, ou plus directement à la voûte du sanctuaire – parfois sous un baldaquin. Ces suspenses prennent la forme de pyxides ou de colombes eucharistiques (matérialisation de l’Esprit Saint) qui manifestent la présence permanente de l’eucharistie comme médiation entre l’homme et Dieu.

Après le concile de Trente, la matière sainte est conservée dans l’autel qui dispose désormais d’un tabernacle et devient le point focal vers lequel convergent toutes les lignes de fuite de la scénographie pour orienter le regard des fidèles.